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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 12:02

... pourquoi viens-tu en mon jardin ?

- Gentil monsieur, si je viens en ton jardin, c'est que je m'y sens bien.

- Je te crois, car il n'est pas un jour sans que je te voie. Qu'y fais-tu donc ?

- Oh j'ai plein d'occupations : je me nourris des bonnes herbes que tu me laisses déguster, tu vois je l'entretiens ta pelouse et puis je joue avec mes frères et soeurs.

- J'ai vu vous êtes très nombreux.

- A l'origine, papa et maman étaient seuls. Et puis par un prompt renfort, nous devînmes des dizaines. Nos maîtres cherchent même à nous donner.

- C'est vrai. Vous portez un prénom ?

- Non, mais chacun a sa couleur. Moi, je suis crème. A côté, il est tout noir. Il y a aussi le blanc, le gris blanc, le blanc-noir, le gris... Bref nous sommes de toutes les couleurs, comme les oiseaux de ton ami Hugues.

- Tu le connais ? Bravo ! Chaque jour, je découvre l'un de vous. Mais comment êtes-vous venus en mon jardin ?

- Allons, gentil monsieur, les lapins ne sont pas plus bêtes que les humains : nous creusons des tunnels.

- Attention ! je ne veux pas en trouver partout.

- Non, c'est uniquement pour venir chez toi.

- Tu pourrais me dessiner un mouton ?

- Mais je ne suis pas un mouton ! Je suis un lapin aux longues oreilles. Je sais pourquoi tu me poses cette question. L'autre après-midi, tu m'as-vu jouer à saute-mouton au-dessus de ma petite soeur.

- C'est vrai. Dis-moi, dans le jardin, trois ou quatre chats rodent. Vous ne les craignez pas ?

- Non. On a passé un pacte avec eux. Ils chassent les oiseaux et nous nous rasons l'herbe pour qu'ils puissent s'y allonger.

- Il y a aussi des garnements qui vous poursuivent.

- Des rigolos, monsieur. Ils feraient mieux de rester chez eux. Mais comme leurs parents se croient membres de la haute, ils pensent qu'ils ont tous les droits.

- Et alors ?

- Aucun risque. Ils ne sont pas assez malins et ils ne courent pas assez vite. Vous ne pouvez pas savoir comment on s'amuse à les narguer.

- En tout cas, toi, tu n'as pas peur de moi. A quelques centimètres près, je pourrais te caresser.

- Mais tu es gentil, monsieur ! Dis-moi, il faut que je te quitte. Je suis attendu pour jouer. Et puis il est bientôt treize heures, tu ne voudrais pas que j'aie faim ? Tu as vu comme je grandis de jour en jour ?

- C'est vrai, petit lapin qui deviendra bientôt grand. Passe une bonne journée. Si tu as envie de venir dans mon salon, sache que je laisse ma porte-fenêtre ouverte.

ADM, le 11 juin 2016

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Published by Anatole de Mururoa - dans Billet d'humeur
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